Le woofing sur Bruny Island



Bonjour à tous.

Nous avons passé presque deux semaines sur Bruny Island à faire du « woofing » : en échange de quelques heures de travail manuel un hôte vous offre le logis et le couvert.

Au contact de « Ueli », un exilé, et de quelques locaux rencontrés au hasard de nos escapades, nous avons pu découvrir un peu la vie au rythme de l'île.

1. Se rendre sur Bruny Island


View Larger Map

L'île - et la plupart de la région - a été découverte par Brune d'Entrecasteaux, un français parti explorer les lointaines mers. C'est parce que les français auraient pu conquérir ces nouvelles terres vierges que la couronne (britannique) a envoyé fissa des colons prisonniers pour faire de ces terres australes des possessions de la couronne. Ils n'allaient pas laisser les français mettre la main dessus, quand même !

Le nom de Brune a toutefois été donné à l'île, bien qu'il ait été transformé en Bruni puis en Bruny.

Revenons à l'île. C'est sur cette île que les premiers bateaux (de Cook, entre autres) se sont arretés. « Adventure Bay » a été ainsi nommée à cause d'un des bateaux de James Cook, le fameux explorateur.

Pour se rendre sur l'île, donc, il faut prendre le ferry. Nos amis Tasmaniens nous ont déposé au café du port de Kettering, où les deux ferries alternent leurs passages.

Une fois à bord, nous avons fait du stop pour trouver une bonne âme qui accepterait de nous emmener jusqu'à « Cloudy Bay », la baie des nuages, où la ferme de notre hôte est située. Notre hôte n'a pas souhaité faire l'aller-retour de deux fois 50 minutes pour venir nous chercher. Soit. (On doit biens vous avouer qu'on a trouvé ça limite.)

Un brave paysagiste du mainland (le continent, mais là, le vrai, à savoir l'Australie, pas la Tasmanie) nous a emmené dans son pickup. Une vraie chance de le rencontrer, car il allait justement retrouver un ami à lui pour un week-end de pêche sur le bateau, dans la Cloudy Bay !

NOTE SUR LES VOITURES
Rien de bien folichon, ils ont les mêmes modèles que chez nous, un peu plus de voitures japonaises probablement. Mais surtout, tout bon bricoleur qui se respecte en tant que mâle possède un pickup utilitaire, qu'on appelle par ici « UT », prononcé « youte ». Ces gros utilitaires ont souvent un coffre métallique à l'arrière, dans la remorque.

D'après nos observations, les coffres servent à stocker :
  • des outils
  • des bouteilles
  • des canne à pêche
  • des cordes
  • de l'essence
Voilà, vous savez vous faire passer pour un habitant du coin en disant « youte ».

2. Vivre sur Bruny Island

La vie sur Bruny est paisible, il y a entre 800 et 1200 habitants permanents sur l'île en fonction des marées. Une petite école, une station de police, deux infirmières, pas de supérettes mais deux minuscules magasins de dépannage.

Il y a même quelques (petits) musées, qui font la taille d'une galerie, en général installés dans un bâtiment qui sans ça serait à l'abandon.

La municipalité est basée sur le « continent » (façon de parler). De même, il n'y a pas vraiment de port sur Bruny Island, vaguement quelques débarcadères. Tout repose sur les deux ferries qui assurent la liaison du matin au soir.

Depuis deux mois, le service a été racheté par la compagnie « SeaLink », et ça change tout dans les habitudes des locaux : plus besoin d'attendre le fameux ferry de 17 heures, on peut aller n'importe quand à la ville !

Le seul mécontent de l'histoire pourrait être le responsable du minuscule café côté île où plus personne ne s'arrête. Qui voudrait prendre un café chez lui quand le ferry passe toutes les trente minutes, et que le café sur la côte est bien mieux coté ? (En réalité, ce brave monsieur avait d'autres activités auxquelles il est retourné.)

2.1. La maison de notre hôte

Nous sommes plutôt bien installés dans une grande chambre dans la maison personnelle d'Ueli. Il vit là avec son fils de 12 ans.

Nous partageons leurs repas et espaces de vie, dans une certaine mesure. Les rapports sont cordiaux (un peu chelous parfois, on doit bien l'avouer) et la cohabitation se passe bien.

Il y a même un piano et une super vue sur la baie !

2.2. Le travail à la ferme

Nous avons passé six jours par semaine à travailler 5 heures par jour soit à la ferme « Blinkbonny », soit à la maison (pour jardiner ou serpiller).

La ferme est située à quelques kilomètres. On y va en voiture à 08h30 pour laisser le fils d'Ueli au bus, et on s'y met. On a surtout fait du désherbage de bleuets (blueberry).

Quand on ne désherbe pas, on prend un petit thé dans le hangar. Quelques vieux fauteuils défoncés ont échoué aux quatres coins de la pièce, et l'ameublement hétéroclite donne un certain charme au lieu.

Ueli organise des concerts à certaines occasions. Nous raterons celui de Noël, mais aurons le plaisir d'entendre son fils jouer de la guitare comme un professionnel.

On note la présence d'un « moog » dans un coin. Si vous ne savez pas à quoi ressemble le son d'un moog, 🎘 🎵 🎶 🎹 cliquez ici et laissez vous porter par Jean-Jacques.. Perrey 🎘 🎵 🎶 🎹 (lien 100% garanti).

L'endroit est une ancienne station d'empaquetage de pommes pour le continent. En effet, depuis que Cook y a planté des pommiers (au cas où, pour le prochain bateau), la Tasmanie est devenue « l'île des Pommes », où Bruny Island était le chef lieu de la pomme.

On n'a pas fait que désherber, on a aussi serpillé, enlevé les toiles d'araîgnée de la maison, et bougé la masse de bois.

Et quand le travail est terminé, avant de se promener, on se repose !

3. Les choses à visiter sur Bruny Island

Bruny Island est plutôt sauvage (un habitant par kilomère carré), donc une des principales activités est la promenade. On se promène, on déambule, on caracole, on se baigne, on randonne, on explore et on rencontre des animaux.

Il y a vraiment de beaux paysages.

On a pu croiser, à l'occasion, un Échidné !

Aussi, des cailloux :

On a même fait du canoë !

L'oiseau que vous voyez sur cette photo est un petit échassier. Il y en a partout sur la côte, et ils sont très attachés à protéger leurs territoires.

Pour ce faire, ils nous menacent avec des piaillement très mignons. Pas très efficace comme méthode :)

3.1. Les pingouins

Les quelques « marques » des magasins qui exploitent la filière touristique sur Bruny Island se sont choisi comme mascotte les pingouins qui habitent l'île. Il n'y a pas que les magasins ! « The Penguins » est aussi le nom de l'équipe locale de cricket. (#commonwealth)

La quarantaine de pingouins nains « Fairy Penguins » qui vivent sur l'île dort dans des nids, dans l'isthme entre la partie nord et la partie sud. La photo ci-dessus a été prise depuis le poste d'observation construit à cet endroit, et on voit le petit ponton aménagé pour que les curieux puissent observer les pingouins sans perturber leurs activités de pingouins.

J'aime autant vous dire que ces pictogrammes ont le bon goût de ne mériter aucune traduction, de ne requérir aucune menace d'amende pour que les touristes laissent les nids tranquille.

La nuit tombée, une ranger locale vient chasser les touristes de la plage et donner les consignes :

  • pas de lumière non filtrée (rouge) vers les pingouins
  • pas de bruits
  • personne sur la plage

Elle nous apprend que les pingouins passent la journée en mer, et attendent la tombée de la nuit pour rentrer dans leurs nids. Il y a tout un petit protocole du coucher respecté par les différentes espèces d'oiseaux, qui leur permet de minimiser les risques de se faire boulotter par un prédateur. (Ennemi n°1 : les chats)

Sans transition, voici notre meilleure photo de pingouin :

Puisqu'on parle d'animaux, nous avons aussi vu un échidné dans le jardin entre les courgettes, et un aigle marin.

3.2. La vie associative

L'île connaît deux associations événementielles : le Bruny Island Community Association, et le Bruny Island Advisory Commitee. La BICA et le BIAC.

Et en lisant le dernier « Bruny News », nous sommes tombés sur les derniers potins et démentis officiels, clamant qu'il n'y a pas et qu'il n'y a jamais eu de différend, contrairement à ce qu'une demi-douzaine de personnes qu'on pourrait nommer prétend.

Bref, même à 700 pour faire un match de cricket on arrive à se foutre sur la tronche, ça nous a fait penser à cette scène de « La vie de Brian » :

On rigole, mais ce n'est vraiment pas grand chose pour les habitants locaux. Les « Nordistes » et les « Sudistes » ont leurs petits chauvinismes et c'est tout.

Nous avons pu avoir le plaisir d'assiser à une projection au petit cinéma club grâce à ces initiatives associatives, donc tout va bien. Ce soir là, dans une des petites salles communales, le programme était :

Une bonne petite soirée, où nous avons pu discuter autour d'un petit gobelet de rosé avec les islais et en apprendre un peu plus sur la vie de l'île.

3.3. Le phare de la pointe sud

Une de nos expéditions nous a emmené voir le phare de Bruny, à la pointe sud, première lumière humaine que voyaient les bateaux en route depuis le cap de bonne espérance en Afrique du SudUne de nos expéditions nous a emmené voir le phare de Bruny, à la pointe sud, première lumière humaine que voyaient les bateaux en route depuis le cap de bonne espérance en Afrique du Sud.

Il y a un petit musée,

une sacrée vue,

une carte où tout le monde pointe sa maison,

des panneaux de signalisation,

et des lapins.

Dans la catégorie « sites historiques » on a aussi visité un petit musée («Bligh») dans l'Adventure Bay, où les briques portent la marque du pouce qui les a extrait de leur moule.

Il y a une pierre avec une plaque à l'emplacement historique de l'arbre où Cook a signé son passage au couteau. Ces gens (les australiens) mettent des plaques partout, pour tout et n'importe quoi :)

4. Partir de Bruny Island

C'est un peu fatigués, mais ravis que nous sommes rentrés sur le continent. Comme à l'aller, il a fallu faire du stop. Une des deux infirmières de l'île nous a pris en stop jusqu'à Hobart (150km) où elle allait après sept jours de garde. Nous avons bien papoté !

Après une petite semaine tranquille à Hobart nous avons pris l'avion pour le Pérou où nous sommes actuellement.

À bientôt !

Coraline & Antoine